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2 ESSEC porte-voix de l’intrapreneuriat

None Alexia Leleu (M09) et Caroline Levinger (E04)

Certaines grandes entreprises font le choix de soutenir activement leurs salariés dans leurs projets entrepreneuriaux. Caroline Levinger (E04), fondatrice de Porte-Plume, et Alexia Leleu (M09), relanceuse de la Maison Leleu, ont eu cette chance. Retour d’expérience.

ESSEC Alumni : Concrètement, comment votre ancien employeur a-t-il accompagné votre projet ? 

Caroline Levinger : Quand j’ai annoncé à Danone mon souhait de créer une entreprise et donc de quitter le groupe, ils m’ont tout de suite parlé du « congé pour création d’entreprise », que je ne connaissais pas. Ils étaient emballés par l’idée de Porte-plume, ils trouvaient mon concept de biographies familiales et de livres d’entreprise excellent. Je ne m’attendais pas à autant de soutien, d’autant que je venais d’être promue. Mais ils m’ont expliqué que Danone aimait les entrepreneurs et qu’ils valoriseraient cette créativité et cette expérience si un jour je retournais chez eux. Cela m’a mise dans une position très confortable : je pouvais tenter l’aventure et revenir en cas d’échec. Psychologiquement, ça change tout.

Alexia Leleu : J’ai saisi l’occasion d’un plan de départs volontaires, qui m’a notamment permis de bénéficier de l’accompagnement personnalisé et gratuit du cabinet de conseil Altédia. J’ai ainsi pu travailler avec un consultant, qui m’a aidée à mettre en forme mon projet, à mesurer mes risques, à comprendre les aides auxquelles je pouvais prétendre, à déterminer le statut le mieux adapté à ma situation… Un bon test de motivation !
Une fois ma décision définitivement prise, mes employeurs ont maintenu leur ligne de conduite. Il faut dire qu’il existe une véritable culture de l’innovation collaborative chez Bristol-Myers Squibb. Le groupe a par exemple mis en place un programme interne sur le modèle de fonctionnement des start-up, visant à valoriser les salariés force de proposition, et à développer leurs projets. C’est donc très naturellement que mes collaborateurs et mon manager m’ont encouragée et soutenue.

EA : Comment s’est passée la période de transition, durant laquelle vous êtes restées en poste tout en développant votre projet ?

C. Levinger : Je passais la journée chez Danone et la soirée à travailler sur le business plan de Porte-plume avec mes nouveaux associés… Deux mois intenses et passionnants !

A. Leleu : Bristol-Myers Squibb a demandé à valider mon business plan avant de confirmer que je pouvais bénéficier du plan de départs volontaires. Il y a donc eu deux phases. Une première durant laquelle je continuais d’assurer pleinement mes fonctions et consacrais une journée entière par week-end à l’élaboration de mon projet. Une seconde, après validation, où j’ai délégué mes missions progressivement en attendant que mon remplaçant soit nommé. C’était du gagnant – gagnant : d’un côté, la passation se faisait en douceur ; de l’autre, j’avais de plus en plus de temps et de liberté pour réfléchir à mon projet. Et puis je devais bien ça à mes employeurs, vu comme ils m’épaulaient !

EA : À votre avis, pourquoi vos employeurs vous ont-ils aidées ?

A. Leleu : Parce qu’ils ont tout compris ! Rien ne sert de lutter contre les envies de ses employés… Bristol-Myers Squibb préfère vous ménager de bonnes conditions de départ plutôt que de vous forcer à rester, ce qui vous rendrait, de fait, moins productif. Par ailleurs, cette approche est un critère d’attractivité sur le marché de l’emploi : une telle souplesse, ça attire de nombreux candidats… Enfin, plus largement, Bristol-Myers Squibb fait partie de ces employeurs responsables qui souhaitent booster l’économie de notre pays. C’est une entreprise engagée qui essaie de faire bouger les lignes.

C. Levinger : Je pense que Danone tenait à ne pas couper le lien. D’ailleurs, quand j’ai terminé mon congé pour création d’entreprise et que j’ai confirmé mon désir de démissionner, ils m’ont proposé de plutôt prendre un congé sabbatique, pour me laisser l’opportunité de revenir si je le souhaitais encore ! Il faut dire qu’un entrepreneur a généralement le profil qu’ils recherchent pour leurs postes de dirigeants : audace, rigueur, créativité…
Il s’agissait peut-être aussi d’une question d’image, notamment en interne : une entreprise a tout intérêt à montrer qu’elle encourage l’épanouissement et l’émancipation de ses salariés.

EA : Aujourd’hui, quel lien gardez-vous avec votre employeur ?

A. Leleu : Je suis toujours en contact avec mes anciens collègues. Certains d’entre eux étaient présents au vernissage de ma première collection. L’ancien président de la filiale France et vice-président monde m’a même envoyé un message de félicitations !

C. Levinger : Je garde des liens forts avec mon ancienne équipe. Et Danone a été mon premier client : j’ai réalisé trois beaux livres d’entreprise pour eux !

 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E11), responsable des contenus ESSEC Alumni

 

C’est les vacances ! L’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, et de se replonger dans les archives de Reflets ESSEC Magazine. Cet article a été initialement publié début 2018, dans le n°122, au sein du dossier « Start-up et grandes entreprises : compétition ou collaboration ? ». Pour accéder à l’intégralité des contenus de Reflets ESSEC Magazine, cliquer ici.

 

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