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Quelle carrière après 50 ans ?

None © Guillaume de Germain / Unsplash

En partenariat avec le Service Carrière d’ESSEC Alumni, des chasseurs de tête vous informent sur les rouages et les actualités du marché du recrutement, pour vous aider dans votre parcours professionnel. Aujourd’hui, Hervé Ludin (E77), associé chez EOS Dirigeant, préconise de s’interroger sur la suite de sa carrière lorsque vous arrivez aux alentours de la cinquantaine, et ce même si vous êtes en pleine réussite professionnelle.

Dans le feu de l’action, peu de cadres prennent sereinement le recul nécessaire pour anticiper les 15 (au moins) dernières années de leur trajectoire professionnelle. Comme s’ils s’en remettaient à l’entreprise pour assurer leur avenir, certains d’avoir toujours été de bons éléments pour elle… et de le rester.

Comme s’ils éloignaient une idée perturbante après l’avoir effleurée.

C’est peut-être une manière de se réfugier dans les satisfactions quotidiennes que procure le travail, en se persuadant que l’on est heureux ou du moins satisfait, que rien ne devrait atteindre cette félicité, et que l’obus va tomber à côté.

Et pourtant…

Les quinquas sont aujourd’hui confrontés au jeunisme régnant dans les entreprises, au changement de donne engendré par la digitalisation, ou encore au raccourcissement du cycle de vie des produits et… des hommes. À cela s’ajoute le régime minceur (en effectifs) qui sévit depuis un certain nombre d’années dans les grands groupes. De fait, les environnements économiques bougent en permanence, les cycles de changements sont de plus en plus courts et les grands groupes, en adaptation permanente. À l’intérieur, les hommes sont remplacés à un rythme plus rapide (transformation, LBO, M&A…).

Autant d’éléments dérangeants pour les jeunes quinquas qui aimeraient bénéficier de leurs années d’investissements professionnels pour vivre sereinement leur apogée professionnelle. Toute une génération a été habituée à ce que les carrières soient proposées, suggérées, voire gérées par les grands groupes. Tant qu’il y avait de la croissance, c’était possible. Aujourd’hui, dans un contexte incertain, on ne peut plus se permettre d’être tributaire de la gestion de son parcours par autrui.

Comment préparer la cinquantaine ?

Le meilleur moyen de prévenir le stress et la tension engendrés par ces incertitudes est de prendre en charge son avenir. Plus on est acteur, plus on est serein, et si « cela » doit vous tomber dessus, au moins serez-vous prêt.

Certes, rester en veille, ne pas s’enfermer dans ce que l’on a toujours connu peut être déstabilisant. Et aller chercher son prochain job, en interne ou en externe, est difficile quand on s’est laissé conduire dans les carrières qui ont été fluides et continues.

Mais cela ne doit pas vous freiner pour autant. Prenez le volant !

Retrouvez vos ancrages et vos valeurs

Après 25 ans de vie professionnelle, la priorité est de faire le point sur vos aspirations. Souhaitez-vous être reconnu comme un expert technique incontournable ? Vous épanouissez-vous dans le pouvoir (de faire, pas le pouvoir sur), aimez-vous embarquer les hommes et les entreprises et prendre des décisions ? Avez-vous besoin d’autonomie ? La sécurité (pas de chômage, surtout) est-elle votre priorité ? L’entrepreneuriat vous a-t-il toujours titillé ou commence-t-il à le faire aujourd’hui ? Avez-vous envie d’une activité professionnelle qui ait du sens, au service des autres ? Vous faut-il absolument une dose de défi dans votre quotidien sous peine de vous ennuyer ? Quel équilibre vie personnelle/vie professionnelle envisagez-vous dorénavant ?

Bien connaître vos ancrages vous permettra de vous orienter vers les jobs (dans votre entreprise ou à l’extérieur) qui combleront vos aspirations. Inutile de viser une responsabilité opérationnelle comme directeur général ou responsable de business unit si vous vous épanouissez en expert avec une appétence modérée pour le défi. À l’inverse, ne vous interdisez pas d’étudier l’option entrepreneuriat si autonomie et pouvoir sont en tête de liste. Et n’hésitez pas à prendre une direction fonctionnelle si vous tenez plutôt au trio expertise, sécurité, équilibre de vie.

Soignez votre expertise

Votre principal actif professionnel, c’est votre expertise (secteur, métier, clients, pays, outils, enjeux…). Elle vous distingue, vous rend « désirable » professionnellement et vous protège. Pour la cultiver, n’hésitez pas à prendre des initiatives enrichissantes : formations, changements de job en interne, pilotage de projets transverses innovants, participation active dans des organisations professionnelles… Entretenez votre compétitivité et n’oubliez pas de faire savoir votre savoir-faire.

La flexibilité, maître mot

La flexibilité est une nécessité pour rester en accord avec un environnement en mutation permanente sous peine de rejet à terme - flexibilité fonctionnelle, géographique, organisationnelle voire statutaire car, mieux que le statut, c’est la légitimité qui compte. Ne vous raidissez pas.

Raisonnez « missions » plutôt que « postes »

Pour accompagner les phases successives de leur évolution, les entreprises ont régulièrement besoin d’expertise externe. Ne pouvant pas toujours s’engager sur des postes pérennes, elles proposent plus facilement des missions, parfois de longue durée. C’est une source d’opportunités et d’enrichissement, essayez !

Prenez conscience de votre valeur ajoutée pour les PME/ETI

Le bonheur est de plus en plus souvent dans les PME/ETI… Accueillantes, fortement demandeuses d’expertises confirmées, elles offrent des structures courtes, souvent plus humaines. Elles vous permettent ainsi d’exprimer plus directement vos talents et procurent de réelles satisfactions personnelles.

Acceptez toutefois d’être mobile géographiquement (90 % des PME/ETI sont en province) voire d’envisager l’expatriation (les enfants sont partis) pour vos dernières années.

Profitez des nouvelles formes de travail

Le marché du travail est en pleine mutation, ce qui peut ouvrir des opportunités intéressantes. Pourquoi ne pas vous laisser tenter par le temps partagé ? Cela permet d’exercer la même fonction dans deux ou trois entreprises simultanément. Avez-vous pensé à la conjugaison du salariat et d’une activité propre ? C’est une bonne manière de s’essayer à l’entrepreneuriat en limitant les risques. Et si vous vous spécialisiez en management de transition ? Il peut s’agir d’un vrai métier de fin de carrière pour celui qui dispose d’une expertise reconnue et qui aime le renouvellement. À moins que vous soyez plutôt attiré par le conseil ? La voie est grand ouverte pour ceux qui ont un minimum de sens commercial…

Plus on se rapproche de l’âge de la retraite, plus on peut aborder ces voies professionnelles, la sécurité matérielle étant généralement assurée. Pensez-y.

Ravivez votre réseau

Votre réseau est votre autre actif professionnel principal. Irremplaçable pour sa chaleur humaine et sa bienveillance, c’est lui qui vous ouvrira de nouvelles portes dans les deux tiers des cas. Ne l’abandonnez pas – au contraire : renforcez les liens, rencontrez de nouvelles personnes.

Restez connecté avec les jeunes

Enseigner dans une école ou transmettre votre expertise professionnelle à ceux qui ont l’âge de vos enfants sont d’excellents moyens de comprendre et d’apprécier les jeunes générations – à une seule condition : le faire en dehors du cadre de votre entreprise pour éviter tout biais hiérarchique.

Un dernier conseil pour la route… 

Il vous reste quinze ans de travail devant vous, prenez-y du plaisir ! Et osez, car le pire des risques, c’est de ne pas en prendre.

 

Propos recueillis par Solveig Debray Sandelin, responsable du Service Carrière d’ESSEC Alumni

 

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