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Dossier Start-ups (2) : Oui, la France est un paradis pour entrepreneurs !

None © Pixabay

Fabrice Cavarretta, professeur à l’ESSEC, refuse de céder au pessimisme national. Arguments à l'appui, il démontre que les entrepreneurs français ont toutes les clés en main pour réussir. 

La France est un paradis pour les entrepreneurs d'opportunités – c'est-à-dire ceux qui sont bien formés et veulent faire grandir leur entreprise, et qu’il faut distinguer de l'autre grande catégorie d’entrepreneurs, dits de nécessité. Même si ces derniers ne vivent probablement pas un enfer, ils vont moins profiter des potentialités de l’écosystème français.

Un environnement porteur

L’État joue un rôle important en France, et c’est son premier atout. En témoigne l’exemple du secteur des high-tech. Que ce soit en Californie, en Israël ou en France, ce dernier est lié à des dépenses militaires. Les derniers succès de vente de sous-marins ou de Rafale rappellent la force significative de notre écosystème en la matière.

Les facteurs humains sont également très favorables. Nos jeunes sont bien formés, dans des domaines stratégiques comme les sciences, les technologies, le design ou encore le commerce. Et même s'ils nous paraissent chers, ils le sont moins dans le fond qu'aux États-Unis ou en grande Bretagne, pour la même efficacité.

Enfin, la France dispose aussi d'un choix de clusters d'excellence parmi le plus vaste du monde, allant de la high-tech au luxe, en passant par le tourisme, l'agroalimentaire et l'énergie. Combien de pays ont à la fois un secteur électrique, pétrolier et nucléaire ?

Un poids réglementaire à relativiser

En 2015, la France est classée par la Banque Mondiale 27ème sur les aspects administratifs de la création d’entreprise. On pourrait penser que ce n’est guère reluisant, mais on ferait bien de relativiser cette information. L’Allemagne arrive 108ème, tandis que les États-Unis, le Royaume Uni et Israël se placent aussi derrière nous. Pourquoi ?

La France est un pays de droit romain, où par définition s’appliquent de nombreuses régulations. Le fait est que l’État est très présent ; les lois sont majoritairement écrites. Ce n’est pas le cas dans certains pays de « common law » tels que les États-Unis. Mais si la charge administrative au démarrage est légère outre-Atlantique, cela implique qu’on peut avoir de gros ennuis après. Ainsi, à Londres ou à New York, on doit dépenser beaucoup de temps et d’argent avec des avocats une fois qu’on a créé son entreprise.

Tout le monde sait se plaindre de sa charge administrative, mais peu se rendent compte qu’il est nettement plus désagréable d’avoir à gérer des ennuis judiciaires. D’autant qu’aux États-Unis, les risques auxquels on s’expose sur ce plan sont le plus souvent élevés, du fait même que ce n’est pas aussi régulé en amont. Quand le couperet tombe, cela peut vite virer au massacre ! Disons qu’on a peur de l’URSSAF tant qu’on n’a pas encore rencontré un avocat américain…

Quand on fait la somme de tous ces éléments de comparaison, la France s’avère relativement peu contraignante. Elle impose simplement un accompagnement par des professionnels, notamment des comptables, qui sont autant là pour vous aider et répondre à vos questions, que pour vous assister dans toutes vos démarches.

Une fiscalité avantageuse ?

Les critiques les plus virulentes font généralement état d’impôts trop élevés et trop nombreux. Sauf que c’est partout la même chose, à quelques variantes près ! Sans compter qu’aux États-Unis encore une fois, l’administration fiscale est bien plus sévère qu’en France – tous ceux qui s’y sont frottés vous le confirmeront. On remarque d’ailleurs que la majorité des entrepreneurs français qui réussissent dans le Nouveau Monde et s’y installent préfèrent conserver la nationalité française, car cela leur est plus avantageux fiscalement. Un comble, non ? Ou du moins un rappel à la réalité.

Il faut arrêter de penser que l’herbe est plus verte ailleurs. Tous les systèmes dans le monde réservent leur part d’avanies aux entrepreneurs. Et s’ils apprenaient à se concentrer sur les facteurs positifs pour une fois, les Français prendraient conscience qu’ils se trouvent à bien des égards dans une des meilleures situations au monde.

 

À propos de l'auteur

Fabrice Cavarretta est professeur permanent à l’ESSEC, où il enseigne l’entrepreneuriat et le leadership. Il a également été directeur de division d’un groupe de média/télécom et fondateur d’une startup dans le domaine des réseaux sociaux. Il est ingénieur de l'École Polytechnique, titulaire d’un MBA de la Harvard Business School et docteur en sciences de gestion de l’Université Paris-Dauphine et de l’INSEAD.

 

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Dossier coordonné par Louis Armengaud Wurmser (E11), initialement paru dans Reflets #115. Pour s’abonner et accéder à l'intégralité des contenus, cliquer ici

 

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