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Mardis de l’ESSEC : Cédric Villani, député-mathématicien

None © Noir sur Blanc

Le 6 mars 2018, les Mardis de l’ESSEC ont reçu le chercheur le plus médiatique de France : Cédric Villani. Ce médaillé Fields devenu député de la République en Marche s’est donné une mission : réconcilier le secteur public et le monde des mathématiques.

Si Cédric Villani affirme que le hasard et la contingence sont au cœur de la recherche théorique, son parcours semble pour sa part parfaitement calculé. Le « chouchou » de la presse appelle d’ailleurs à se méfier de la « licence journalistique qui enjolive bien des choses » et nie tout traitement de faveur à son égard ; lui fait partie de ceux qui jouent le jeu de la méritocratie. Médaille Fields en 2010, directeur de l’institut Poincaré pendant 7 ans, et désormais député, l’homme à la lavallière monte sur tous les fronts, mais toujours au service de la vulgarisation mathématique. La politique n’est pas tant pour lui un nouveau métier que le prolongement de son engagement – une façon de mettre ponctuellement ses compétences professionnelles et intellectuelles au service d’une majorité qui a su le convaincre par son positionnement intermédiaire et pro-européen.

Le boss des maths

Fort de son expérience dans le public comme dans le privé chez Atos, Cédric Villani dresse un bilan mitigé de la recherche en France, déplorant de forts déséquilibres par rapport à d’autres pays, ainsi qu’un certain désintérêt pour la recherche publique, trop peu attractive par rapport au secteur privé. La solution selon lui : faire financer davantage la première par le second, comme aux États-Unis, et revaloriser le statut des chercheurs – au-delà de la seule question salariale d’ailleurs.

Revaloriser : voilà un mot qui résume bien sa feuille de route politique, tous sujets confondus. C’est somme toute logique pour un amoureux des chiffres. En témoignent ses « 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques », qui rassemblent trois séries de recommandations portant sur le renforcement de la formation continue des enseignants (indispensable selon lui), sur l’amélioration de la pédagogie des cours (trouver le bon dosage entre interaction, conceptualisation, structuration et démonstration), et sur le développement d’activités extrascolaires autour des mathématiques. L’ambition à terme : « dédiaboliser » les mathématiques, et casser les déterminismes de genre associés à cette matière.

IA plus qu’à !

Second rapport remis par Cédric Villani après quelques mois à peine de mandat : celui sur le sujet très ardu de l’intelligence artificielle (IA). Le député est lucide : la France a pris un retard conséquent dans ce domaine, que les chercheurs ont longtemps cru « sans intérêt ». Il s’agit désormais de comprendre et d’avancer pour ne pas se faire définitivement distancier technologiquement. Le défi s’annonce de taille : Cédric Villani doit expliquer à des citoyens globalement méfiants que l’IA est conçue pour faciliter leur quotidien et non pour leur nuire – d’autant que, de toute façon, «  ce n’est jamais la technologie qui est dangereuse en soi, mais l’usage qu’en font les humains »… Après être venu à bout de l'équation de Boltzmann, Cédric Villani réussira-t-il l’exploit de convaincre les Français ?

 

Propos recueillis par Pauline Bittou (étudiante)

 

Retrouvez l’intégralité du débat en vidéo ici.

 

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