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Mardis de l’ESSEC : Patrick Pouyanné, PDG de Total

None © Noir sur Blanc

Le 9 janvier 2018, les Mardis de l’ESSEC ont reçu Patrick Pouyanné, président-directeur général de Total. Celui-ci a su habilement défendre son entreprise – pourtant si controversée.

Le second patron le plus puissant du CAC 40 – derrière Bernard Arnault – se pose en homme fort qui a dû « faire le job » suite à la disparition soudaine de Christophe de Margerie. Peu importe que LVMH ait enregistré la plus importante capitalisation boursière en 2017 ; Patrick Pouyanné compte bien « les battre l’année prochaine ». Le ton est donné.

« Dans la vie, il faut s’appuyer sur ses forces plutôt que chercher à corriger ses faiblesses »

Ses forces, Patrick Pouyanné les tire d’abord de son parcours quasi-parfait : X-Mines, cabinet ministériel, grande entreprise du CAC 40. Conscient de faire partie d’une élite, il reste toutefois critique à l’égard du système éducatif français : sélectionner les talents selon des compétences purement scolaires comme les mathématiques lui semble dépassé. Il assure même ne pas connaître les écoles qu’ont fréquentées ses collaborateurs. Total, temple de la vraie méritocratie ? Peut-être bien. Patrick Pouyanné insiste : l’important, c’est de toujours se dépasser, de ne pas se reposer sur ses lauriers et de relever tous les défis possibles « pour rester les meilleurs ».

Logique, donc, que Total prenne désormais le problème de la transition énergétique à bras-le-corps, et se positionne en leader de l’énergie responsable. Si Patrick Pouyanné est conscient que le plus gros du changement reste à faire et que la route sera longue et difficile, il salue des Accords de Paris « bien rédigés ». Ce faisant, il soulève naturellement la question du rôle géopolitique d’une entreprise comme Total, dont le chiffre d’affaires dépasse le PIB de nombreux pays.

« Il n’est pas question de faire des choix d’ordre géopolitique »

Patrick Pouyanné est conscient que le pétrole ne constitue pas un produit ordinaire, dans la mesure où son exploitation relève bien souvent de la souveraineté des États. Ce qui l’amène à rencontrer les plus hauts dignitaires des pays avec lesquels il traite, et à s’afficher médiatiquement avec eux : « la partie la plus fun du job de PDG », commente-t-il – tout en affirmant que son travail ne consiste pas à « faire de la diplomatie ». Total est certes considérée dans le monde comme la major française, mais les relations que le groupe entretient avec les États sont d’abord d’ordre commercial : ces derniers sont des clients comme les autres, auxquels il faut garantir le meilleur service possible.

Patrick Pouyanné donne deux raisons à ce choix de neutralité. D’abord, il faut faire preuve de loyauté envers ses clients – et donc éviter des choix géopolitiques contestables. Mais Patrick Pouyanné va plus loin : selon lui, la politique, « ça bouge », tandis que Total garde le cap. Pour illustrer son propos, le dirigeant rappelle les origines de la société, fondée en 1924 pour prendre en charge les gisements d’hydrocarbures que la France avait obtenus suite au Traité de Versailles. Le contexte politique a depuis bien changé mais Total, elle, est restée. Et Patrick Pouyanné semble avoir la poigne nécessaire pour tenir la barre encore longtemps.

 

Propos recueillis par Bastien Privat (étudiant)

 

Paru dans Reflets #122. Pour accéder à l’intégralité des contenus du magazine Reflets ESSEC, cliquer ici.

 

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